Notre décryptage des programmes

des principaux candidat.e.s à la mairie de Paris

La démarche

 

À Paris, 50% de l’espace public est dédié aux automobiles, qui ne représentent pourtant que 13% des déplacements en ville. Ces mêmes automobiles sont les 1ères responsables de la pollution de l’air : 65% de la pollution de l’air est directement lié au trafic routier (source LCI). Pour répondre à ce défi, les maires ont un rôle primordial. Nous demandons en conséquence à l’ensemble des candidat.e.s aux municipales de prendre des mesures ambitieuses pour réduire le trafic routier par deux d’ici 2025. 

Pilotée par Alternatiba Paris et en collaboration avec 13 associations, la campagne La Rue Est À Nous vise un meilleur partage de l’espace public, l’apaisement de la circulation automobile au profit des mobilités douces et collectives, accessibles et justes pour tou.te.s, ainsi que le droit à un air de qualité.

C’est dans ce cadre que nous avons souhaité réaliser ce décryptage des programmes des 6 principaux candidat.e.s à la mairie centrale de Paris. Cette démarche est apartisane ; elle n’invite pas au vote d’un.e candidat.e en particulier, mais vise à juger la pertinence de leurs propositions au regard de nos revendications, jugées structurantes pour répondre au défi de santé publique et climatique. 

Dans un souci de transparence, la méthodologie de notre décryptage est décrite ci-dessous, tout comme le détail écrit de nos appréciations concernant les propositions des candidat.e.s (voir bas de page). Par ailleurs, les candidat.e.s disposent pendant une semaine d’un droit de réponse  pour nous communiquer leurs engagements définitifs, qui pourraient potentiellement faire évoluer notre appréciation.

Les propositions analysées sont issues des programmes des candidat.e.s, mais également de leurs prises de parole publiques, et des entretiens avec les candidat.e.s et/ou leur équipe, organisés par des membres de la Rue est à Nous, de Greenpeace Paris et du collectif parisien du Pacte pour la Transition. Nous nous excusons par ailleurs de n’avoir pu réaliser ce décryptage pour l’ensemble des candidat.e.s, et ce pour des raisons de ressources humaines disponibles.

Nous espérons que ce décryptage vous sera utile pour avoir une vue d’ensemble sur les propositions des candidat.e.s face aux enjeux sociaux, environnementaux et sanitaires que représente notre modèle de mobilité actuel. Nous espérons également que cette mise en lumière des failles dans les programme de ces candidat.e.s les amèneront à rapidement réviser  leurs engagements.

 

Méthodologie du décryptage

Par ici.

Choix du code couleur

Vert : les engagements du/de la candidat.e reprennent entièrement notre mesure.

Orange : les engagements du/de la candidat.e ne reprennent qu’une partie de notre mesure, avec des imprécisions et un manque d’ambition.

Rouge : les engagements du/ de la candidat.e ne reprennent pas notre mesure.

1 - Engagement ferme pour réduire le trafic routier et l’espace public dédié aux véhicules motorisés individuels, notamment aux abords des écoles

David Belliard et son plan pour “Libérer Paris de la voiture” – dans la lignée de nos revendications, mais peu d’éléments datés et chiffrés

  • David Belliard est le seul candidat, pour l’instant, à s’être engagé sur la totalité de la mesure 1 que nous défendons au sein de la campagne La Rue est à Nous.
  • Le candidat s’est engagé sur la piétonnisation permanente et la végétalisation des abords des 300 écoles les plus polluées de Paris avec la fermeture des rues adjacentes à la circulation. Il souhaite aussi piétonniser partiellement – de 8h15 à 8h30 puis de 16h15 à 16h30 – les abords de près de 1.200 établissements scolaires accueillant de jeunes écoliers.
  • Une piétonnisation qu’il souhaite développer dans toute la ville avec l’aménagement d’une grande zone piétonne végétalisée dans chaque arrondissement d’ici la fin du mandat, où les voitures, les scooters et les motos seront bannis tout en pensant l’espace pour qu’en cas d’urgence les pompier.e.s et policier.e.s puissent intervenir. Le candidat s’est aussi engagé sur d’autres mesures importantes pour réduire le trafic routier dans Paris, dont la limitation de  la vitesse de circulation à 30km/h dans Paris (y compris les grands axes), la réduction de moitié des places de stationnement des voitures en surface et à rendre payant le stationnement des deux roues motorisées.
  • David Belliard est l’un des seuls candidat.e.s à affirmer que la mobilité électrique est loin d’être une alternative convaincante, ou du moins suffisante, en comparaison d’une nécessaire réduction de la place accordée au véhicule individuel motorisé à Paris.

 

Anne Hidalgo, Danielle Simonnet et Cédric Villani : une vision partagée de la réduction de la place de la voiture mais qui demande à être poussée et déclinée plus concrètement, notamment aux abords des écoles. 

  • Les trois candidat.e.s partagent notre vision et inscrivent clairement dans leur programme leur volonté de réduire la place de la voiture dans les déplacements urbains. Malgré cette volonté affirmée, certains de leurs engagements restent imprécis et ne sont pas déclinés en propositions concrètes. 
  • Pour améliorer la qualité de l’air, Anne Hidalgo s’est engagée sur l’aménagement de parvis piétons et sur l’interdiction de la circulation aux abords de toutes les écoles de Paris. La fermeture de la circulation devant les écoles aux heures d’entrée et de sortie, proposée Cédric Villani, est un premier pas, de fait, mais ce n’est pas suffisant pour assurer la santé, la sécurité et et le bien-être des enfants. De son côté, Danielle Simonnet affirme que sa liste est favorable à la piétonnisation aux abords des écoles, cet engagement reste imprécis. 
  • Sur la mise en place de zones à trafic limité (ZTL) dans Paris, ces trois candidat.e.s (ainsi que David Belliard) se sont montré.e.s favorables à la proposition “mon quartier n’est pas un raccourci” des associations vélos (Paris en Selle et MDB) lors du Grand Oral du 29 janvier 2020. Cette proposition revient à modifier le plan de circulation afin d’apaiser les quartiers résidentiels parisiens : mettre fin au trafic de transit et aux “raccourcis waze” pour permettre seulement aux riverains, commerçants et aux véhicules de livraisons de circuler. 
  • L’occasion pour les trois candidat.e.s de rappeler les mesures de piétonnisation qui figurent dans leur programme : l’aménagement d’une quarantaine de “petits quartiers apaisés et piétonnisés (à l’image des “superilles” barcelonais) pour Cédric Villani ; la création d’aires piétonnes et végétales dans tous les quartiers de Paris ainsi que la piétonnisation et la suppression du trafic de transit (reprise du modèle des superilles barcelonais) au sein des quatre premiers arrondissements centraux pour Anne Hidalgo. De son côté, Danielle Simonnet, elle propose aussi la multiplication des rues piétonnisées et végétalisées mais sans plus de précision. 
  • Si Anne Hidalgo et Cédric Villani s’engagent à réduire de moitié le stationnement en surface des voitures, Danielle Simonnet, elle, ne s’est engagée que sur la suppression d’une place de stationnement sur cinq. Cédric Villani et Danielle Simonnet se sont aussi montré.e.s favorables à rendre payant le stationnement des deux roues, contrairement à Anne Hidalgo.
  • Danielle Simonnet s’est engagée sur la généralisation de la limitation à 30km/h de la vitesse pour les voitures dans Paris. De son côté, Anne Hidalgo s’est engagée à revoir la vitesse autorisée, mais seulement dans le centre de Paris, afin de l’abaisser à 20km/h pour toutes les rues, dont les axes structurants réglementés par la Préfecture de Police. Cédric Villani, lui, s’est seulement engagé à expérimenter la modulation des limitations de vitesse selon l’état de la circulation. Nous rappelons que la vitesse est le facteur de risque le plus important pour les cyclistes et les piétons, et nous invitons Anne Hidalgo et Cédric Villani à préciser et/ou pousser leurs engagements sur ce point et dans tout Paris.

 

Agnès Buzyn et Rachida Dati : presque aucun engagement sur la réduction de la place de la voiture dans les déplacements urbains

  • Ni Agnès Buzyn, ni Rachida Dati ne se sont engagées sur la piétonnisation ou la mise en place de zones à trafic limité (ZTL) aux abords des écoles, alors même qu’à Paris une école sur quatre est exposée à des taux de dioxyde d’azote (NOx) supérieurs à la norme européenne autorisée, un polluant aux conséquences désastreuses sur la santé des enfants. La candidate Rachida Dati s’est engagée à mettre en place un plan “air sain pour nos enfants”, pourtant elle prévoit seulement la généralisation des capteurs de mesure de la pollution dans les écoles et les crèches et l’installation de purificateurs d’air filtrant particules et gaz polluants. Ce qui est largement insuffisant et qui ne traite pas du problème de fond, celui de la source de ces émissions : le trafic routier.
  • Agnès Buzyn s’est engagée à créer 240 rues jardin 100% réservées aux vélos et aux piétons ainsi que de grands itinéraires piétons notamment en aménageant la petite ceinture. Rachida Dati, elle, pense que “donner la priorité au piéton, ce n’est pas piétonniser” car “la piétonnisation participe à la mort des centres historiques”. Elle prévoit donc, seulement, d’instituer des parcours piétons sécurisés sur des cheminements longs en sanctuarisant les trottoirs et en améliorant la signalétique. Surtout, Rachida Dati s’est  montrée favorable à revenir sur la piétonnisation des voies sur berges et envisage d’étendre, en semaine, la liste des véhicules autorisés à y circuler dès lors qu’ils seraient propres et ne dépasseraient pas les 30km/h.
  • Ni Agnès Buzyn, ni Rachida Dati, n’ont pris d’engagement concernant la mise en place de zones à trafic limité (ZTL), la réduction du nombre de stationnement pour les voitures ou la réduction généralisée de la vitesse. Rachida Dati souhaite même poser un moratoire sur la suppression des places de parkings de surface.
  • Agnès Buzyn et Rachida Dati sont les seul.e.s candidat.e.s à ne pas avoir pris d’engagement ferme sur la sortie du diesel en 2024 et de l’essence en 2030 (objectif pourtant inscrit au Plan Climat de la Ville de Paris).
  • Agnès Buzyn et Rachida Dati considèrent l’électrique (et l’hydrogène) comme une des solutions majeures à la pollution de l’air tout en prenant très peu d’engagements concernant la réduction de la place accordée à la voiture dans l’espace public. Nous soutenons que l’électrification des modes de transport ne doit pas être la priorité mais plutôt un complément à la réduction du trafic routier pour le reste des déplacements. Nous invitons donc les deux candidates à proposer des mesures concrètes concernant la réduction du trafic routier.

2 - Une ville entièrement cyclable fin 2020, et la mise en place d’un réseau express francilien (RER V) pour relier Paris et toutes les banlieues

David Belliard, Anne Hidalgo, Danielle Simonnet et Cédric Villani proposent une politique vélo ambitieuse 

  • Les quatre candidat.e.s se sont engagés sur la totalité de la mesure 2 que nous défendons au sein de la campagne La Rue est à Nous.
  • David Belliard, Anne Hidalgo, Cédric Villani et Danielle Simonnet se sont tous engagé.e.s sur la création du “Vélopolitain”. Il s’agit d’un réseau de pistes cyclables continues, bidirectionnelles et sécurisées qui suivent et dédoublent  le tracé du métro parisien. Des engagements plus précis sont apportés par certain.e.s pour aller plus loin :
  • David Belliard souhaite sécuriser 100% des rues pour la pratique du vélo et s’engage à sécuriser les pistes cyclables bidirectionnelles grâce à des haies pour plus de sécurité pour les cyclistes (car ils seront réellement séparés des voitures) mais ces haies seront aussi très utiles pour rafraîchir la ville et développer la biodiversité. 
  • Cédric Villani se démarque en donnant des objectifs chiffrés : il promet de terminer son plan vélo intra-muros en 2 ans maximum en y consacrant un budget de 400 millions d’euros. Il s’engage aussi à faire de la Petite Ceinture une “véloroute en rocade” à haut niveau de service et de doubler le nombre de passerelles traversant le périphérique. 
  • Anne Hidalgo prévoit en plus du Vélopolitain la mise en place d’une “vélorue” par arrondissement où les cyclistes seront prioritaires. Elle précise que pour ce faire, un budget de 350 millions d’euros sera débloqué entre 2020 et 2026. 

Danielle Simonnet souhaite créer un vrai service municipal du vélo et développer la pratique du vélo (dans les écoles, centres de loisirs, colonies de vacances). 

  • Concernant les aménagements cyclables au-delà de Paris pour relier Paris et les villes d’Ile-de-France, Anne Hidalgo fait explicitement référence au fait que le Vélopolitain soit connecté au Réseau Express Régional Vélo (RER V), sans pour autant prendre d’engagement sur le cofinancement de ce dernier. 

Pour David Belliard c’est “tout le Grand Paris, et notamment Paris et sa première couronne, que l’on doit penser comme une Vélopole”. 

Danielle Simmonet trouve l’idée du RER V intéressante, et met l’accent sur l’importance de la continuité des pistes cyclables dans toute la région IdF.

Cédric Villani est le candidat qui s’engage le plus sur le sujet. Il propose l’aménagement de  “véloroutes cyclables” au-delà de Paris. Surtout, il se dit prêt à investir 150 millions d’euros pour aménager les pistes cyclables de la petite ceinture mais aussi pour co-financer le RER V à l’échelle métropolitaine.

  • Concernant le stationnement vélo, ces quatre candidat.e.s se sont engagé.e.s à développer de nouveaux stationnements vélo et un stationnement vélo sécurisé. Tous proposent la multiplication du nombre d’arceaux à vélo ainsi que des stationnements vélo anti-vol, c’est à dire des vélo box fermés et sécurisés dans tous les quartiers mais aussi dans les gares pour favoriser l’intermodalité.
  • Enfin, concernant la mise en place d’aides pour rendre le  vélo accessible à tous et toutes, les quatre candidats ont pris des mesures :

Danielle Simonnet et Cédric Villani se démarquent en proposant la gratuité du Vélib. Danielle Simonnet  s’engage à municipaliser Vélib et mettre tout de suite en place sa gratuité. Cédric Villani, lui, propose la gratuité du Vélib pour les deux premières heures.

Danielle Simonnet va plus loin et s’engage à offrir à chaque Parisien.ne.s âgé.e.s de 16 ans un vélo neuf fabriqué en France, issu d’une fabrication par des entreprises de l’ESS sur simple demande et après un temps de formation à la pratique et à l’entretien du vélo. 

Quant à lui, David Belliard soutiendra l’installation d’ateliers de vélos solidaires pour avoir dans tous les quartiers des solutions pour réparer et entretenir son cycle à bas coût et / ou apprendre à le faire soi-même, et organisera des « foires aux vélos » mensuelles.

Anne Hidalgo s’engage à élargir l’aide à l’achat de vélo cargo et des vélos pour des personnes en situation de handicap. Elle veut aussi étendre le service de location avec des vélos adaptés à tous les publics : tandem, vélo-cargo, enfants etc. Elle encourage elle aussi, tout comme Cédric Villani, les initiatives pour récupérer et réparer des vélos à moindre prix. 

 

Agnès Buzyn sur la bonne voie : un fort développement des pistes cyclables mais une absence totale d’aides pour rendre le vélo accessibles à tous et à toutes

  • Agnès Buzyn s’engage à mettre en oeuvre le Vélopolitain en commençant par les axes saturés, notamment le long de la ligne 13, et en l’axant sur la sécurité. Elle soutient aussi la création de 240 rues jardin 100% réservées aux vélos et aux piétons.
  • Elle prolongera et améliorera les voies cyclables entre Paris, la petite et la grande couronne, avec le concours des collectivités concernées mais ne mentionne pas le RER V ni un quelconque soutien financier. 
  • Elle s’engage à créer 100 000 places de stationnement pour vélos (en voirie,  en velobox, en parking et dans les copropriétés) et à installer des arceaux sécurisés, avec des cadenas intégrés, de la vidéo-protection, et un meilleur éclairage.
  • Cependant, Agnès Buzyn ne fait mention d’aucune aide financière qui permettrait aux plus modestes d’avoir accès à cette mobilité active. De plus elle propose d’augmenter le nombre de vélos Vélib mais elle ne propose pas la mise en location de vélos adaptés à tous publics dont notamment des vélos pour des personnes en situation de handicap ou encore avec des enfants. 

 

Rachida Dati tarde : quelques mesures mais aucun engagement concret pour le développement d’un réseau de pistes cyclables sécurisées dans tout Paris et au-delà 

  • Seule Rachida Dati ne s’est pas engagée à la création du “Vélopolitain”, c’est la grande absente de ce sujet. Elle souhaite lancer une concertation citoyenne autour d’un “plan de mobilité” pour prendre en compte tous les modes de déplacements (marche, voitures, vélo, trottinettes) et les enjeux du Grand Paris. Ce manque d’engagement est, pour nous, significatif d’un manque de volonté politique face à l’enjeu de développer des mobilités actives et propres, alternatives à la voiture. 

Elle s’est cependant engagée sur le développement de parkings à vélo sécurisés et à grande capacité au niveau des gares notamment. Elle soutiendra aussi le développement des livraisons en vélos cargo électriques et passera un accord avec les bailleurs sociaux pour faire des logement vacants des ateliers de réparation vélo. Nous saluons ces initiatives qui sont un premier pas pour le développement du vélo mais qui, sans la mise en place d’un réseau de pistes cyclables ambitieux, sont loin d’être suffisantes. 

3 - Améliorer en maillage et fréquence les transports en commun, particulièrement entre Paris et les banlieues, et la transformation du périphérique en ce sens.

Pour rappel, le développement des transports communs est fortement dépendant du syndicat des transports Île-de-France Mobilités qui organise, coordonne et finance les transports publics de voyageurs d’Île-de-France. Ce syndicat est principalement constitué d’élu.e.s de la Région, mais également de tous les départements qui la composent, dont à 35% par la Ville de Paris. Cette dernière peut donc influencer les investissements mais ne dispose pas de la compétence associée. 

 

David Belliard et Anne Hidalgo se démarquent. 

  • Les deux candidat.e.s prennent des engagements forts pour améliorer les transports en commun, en maillage et en fréquence, au sein de Paris et entre Paris et les banlieues, et mettre en place une tarification solidaire ambitieuse et permanente. 
  • Tout d’abord les deux candidat.e.s prennent des mesures pour développer en maillage et en fréquence les transports en commun au sein de Paris. 

  • David Belliard soutient la création de nouvelles infrastructures de bus et de tramways en surface (dont un projet de tramway qui relie les cinq grandes gares parisiennes). Il veut multiplier les lignes de minibus dans les quartiers et aménager les lignes de bus les plus fréquentées avec des bus à haut niveau de service (BHNS) avec priorité aux feux. Il propose aussi de créer un service de transport fluvial collectif avec des bateaux-bus zéro émission (accessible aux touristes et aux détenteurs d’un pass Navigo sans surcoût) pour effectuer un report modal du métro et bus vers les bateaux-bus. 
  • Anne Hidalgo, elle, prévoit un réseau de bus plus fluide via des aménagements pour permettre aux bus d’aller plus vite et de soulager ainsi les lignes de métro. Elle s’engage à mettre en place plus d’infrastructures de surfaces : la prolongation des lignes 10, 11, 14, du RER E et du tramway mais aussi la création d’une ligne de bus express sur les quais hauts de la Seine et la création de navettes électriques pour les touristes, pour les seniors et les personnes à mobilité réduite. 
  • Ils s’engagent aussi à développer les transports en commun pour relier de manière efficace Paris et la banlieue.  
  • David Belliard propose un nouveau pacte métropolitain des mobilités pour favoriser l’intermodalité : lignes de bus de proximité pour relier des stations de RER, création de parking relais, places et infrastructures pour développer le covoiturage, ticket intermodal pour permettre aux usagers de passer d’un type de transport à un autre sur le même trajet. 
  • Anne Hidalgo s’engage à financer des connection Paris/Métropole et à mettre en place un Pass Navigo unique pour tous les modes de transport : transport en commun, vélib, parking relais etc. 
  • De plus, Anne Hidalgo s’engage sur la gratuité des transports collectifs pour les moins de 18 ans. David Belliard va encore plus loin en proposant la  gratuité pour tou.te.s les Parisien·ne·s de moins de 26 ans.
  • Enfin, les deux candidat.e.s évoquent aussi une transformation importante du périphérique en un boulevard urbain avec la suppression d’une à deux voies pour les voitures au bénéfice de la végétalisation et de mobilités plus propres (une voie serait réservée au covoiturage, aux bus, aux taxis et aux véhicules propres) et douces (cyclistes). 

 

Danielle Simonnet : des engagements écologiques et sociaux forts pour sa politique de transports en commun mais une absence de mesure quant à l’avenir du périphérique  

  • Danielle Simonnet propose des mesures concrètes pour développer et renforcer les transports en commun. Elle souhaite investir dans le renouvellement du matériel et des infrastructures des transports en commun ainsi que dans la hausse des effectifs. Elle s’engage aussi à agir avec Ile-de-France Mobilités pour permettre l’accessibilité universelle des transports via le développement  des transports de proximité, le dédoublement des lignes surchargées, la création de nouvelles stations et l’augmentation de la fréquence des bus et des tramways notamment dans les quartiers enclavés. Cela rejoint sa volonté de relier Paris et les banlieues et de ne pas penser un projet écologique pour Paris “à l’intérieur du périphérique”. 
  • Enfin, elle s’engage à mettre en place la gratuité totale des transports à Paris, quitte à ce que la Ville assure son financement faute d’accord au niveau régional. 
  • Cependant, Danielle Simonnet ne mentionne pas la transformation du périphérique dans son programme pour qu’au moins une voie soit dédiée aux véhicules collectifs et non polluants, nous invitons la candidate à prendre un engagement concret à ce sujet.

 

Cédric Villani va dans la bonne direction : un développement en maillage des transports en commun précis et ambitieux mais une tarification solidaire absente 

  • Cédric Villani s’engage à investir de façon massive, au-delà de la contribution de la Ville de Paris à Ile-de-France Mobilités, pour améliorer la qualité et le maillage du réseau dans Paris et au delà. Il s’engage à créer de nombreuses nouvelles infrastructures en sous-sol et en surface, dans Paris mais aussi jusqu’en banlieue. Il prévoit la prolongation de plusieurs lignes de tramway, de métro ainsi que du RER E. Il compte aussi mettre en place une billetterie unique multimodale (métro, RER, tramway, Vélib’) et aider la région à mailler le territoire avec des stations biogaz pour les transports collectifs.  
  • Il ne s’est cependant pas engagé pour une tarification solidaire ambitieuse et permanente, pour permettre l’accès à tous et à toutes aux transports en commun.  
  • De même, il n’a pas pris d’engagement ferme sur la transformation des voies du périphérique. S’il prévoit de lancer dès 2020 une réflexion sur un possible aménagement d’une file réservée à des véhicules partagés et aux transports en commun, nous invitons Cédric Villani à prendre un engagement plus ferme à ce sujet.

 

Rachida Dati : un développement timide des transports en commun avec quelques mesures concrètes mais non suffisantes

  • Rachida Dati souhaite construire avec des experts et les maires des communes limitrophes un “plan de mobilité” pour prendre en compte tous les modes de déplacements. Cela reste très flou et général. Cependant elle s’engage plus concrètement à développer un service de navette électrique par arrondissement, circulant en continu pendant la journée. Ce sera un transport public complémentaire, assurant un maillage fin des lieux de vie à l’échelle des quartiers, que la ville exploite par dérogation à la compétence régionale.
  • Par ailleurs, la candidate ne prend aucune mesure concernant le développement des transports en commun pour relier la banlieue et Paris. De même, il n’y a aucune proposition quant à une tarification solidaire ambitieuse et permanente, pour permettre l’accès à tous et à toutes aux transports en commun. 
  • Enfin, concernant le périphérique, Rachida Dati réfléchira à l’expérimentation d’une voie réservée sur le périphérique pour des navettes express, le covoiturage, les taxis et les véhicules propres. Nous saluons l’idée mais nous l’invitons à se prononcer sur un engagement ferme.

 

Agnès Buzyn : aucun engagement sur le développement, en maillage et en fréquence, des transports en commun 

  • Agnès Buzyn ne propose aucun engagement quant au développement du maillage des transports en commun et la création de nouvelles infrastructures de transports en commun, ni en sous-sol et ni en surface. 
  • Elle propose uniquement de doubler la vitesse des bus pour augmenter leur fréquence. (sanctions des comportements gênants sur leurs voies par la police municipale, expérimentation à certains carrefours d’une priorité aux feux et révision du plan de circulation). 
  • Concernant le lien avec la banlieue, elle soutient la mise en place de hubs de transport via notamment la création de parkings relais et de stations de covoiturage) aux abords de certaines gares du Grand Paris. 
  • Cependant elle ne propose aucune mesure pour mettre en place une tarification solidaire ambitieuse et permanente, pour permettre un accès à tous et à toutes aux transports en commun.
  • Concernant la transformation du périphérique, nous saluons son engagement quant à la création d’une voie réservée sur le périphérique aux véhicules propres, au covoiturage et aux transports en commun. 

4 - Protéger et développer des espaces végétalisés pour lutter contre la pollution de l’air, le réchauffement climatique et les îlots de chaleur urbains.

David Belliard, Danielle Simonnet et Cédric Villani se démarquent et mettant en avant la protection des espaces verts existants

  • Les trois candidat.e.s ont pris des engagements concrets pour protéger les zones non-artificialisées existantes : 
  • David Belliard est en faveur de l’arrêt et de la révision de plusieurs projets de construction (ZAC Charenton, ZAC Paris Nord Est sur la friche Ordener Poissonniers, TEP de Ménilmontant etc.) pour “donner la priorité à plus de nature sur les derniers terrains disponibles à Paris”. Le candidat s’est aussi engagé à modifier le Plan local d’Urbanisme (PLU) pour empêcher toute construction en coeur d’îlot et sur les dents creuses. Il souhaite aussi repérer et protéger les îlots arborés en les classant et en sanctuarisant les arbres remarquables.
  • Danielle Simonnet s’engage également sur la mise en place d’un moratoire sur les “Grands Projets Inutiles” et soutient l’abandon des projets d’artificialisation des sols dans Paris et hors de Paris. Elle s’est aussi engagée à réviser d’un côté le PLU pour dédensifier Paris, sanctuariser les arbres et tout espace de pleine terre existant (public ou privé). Elle s’est aussi engagée à réviser  le Plan Climat pour mettre en place une “règle verte” qui garantit qu’aucun projet ne prenne plus de ressources à la nature que ce qu’elle peut reconstituer.
  • Cédric Villani, lui, souhaite refonder les règles de l’urbanisme en favorisant le verdissement de la ville et en s’opposant à la bétonisation “à tout va”. Il prévoit aussi de sanctuariser les îlots arborés et végétalisés dans le PLU.
  • Concernant la débitumisation de l’espace urbain et la création de nouveaux espaces végétalisés, les engagements des trois candidat.e.s sont nombreux : 
  • Pour David Belliard (entre autres) : débitumer de nombreux espaces et notamment remplacer le bitume des lignes de tramway pour un tapis végétal, planter 100 000 arbres, végétaliser des grandes et petites places de Paris.
  • Pour Danielle Simonnet (entre autres) : “faire la part belle à la débitumisation”, aménager 140ha de nouveaux espaces verts publics dans Paris, et rendre public une carte des sous-sols accessible aux citoyen.ne.s afin de repérer les espaces où il est techniquement possible de végétaliser en pleine terre sur l’ensemble du territoire.
  • Pour Cédric Villani (entre autres) : réintroduire la nature en pleine terre dans l’espace public et proposer de nouvelles promenades plantées aux Parisiens reliant une quarantaine de quartiers piétonnisés et arborés. Il propose aussi des plans de végétalisation concertés avec les experts et les citoyen.ne.s (jardins partagés, espaces verts et arbres plantés en pleine terre).

 

Agnès Buzyn a des engagements importants, il manque toutefois une référence explicite à la modification du Plan Local d’Urbanisme (PLU) pour protéger les espaces verts existants

  • Agnès Buzyn s’est engagée à mettre en place une “règle verte” pour soumettre les grands projets urbains à un avis environnemental donné par un conseil scientifique et citoyen et elle propose un moratoire sur tous les grands projets de bétonisation et de densification de la ville. Elle souhaite aussi protéger et aménager les espaces verts existants, sans toutefois faire de référence explicite à une modification du PLU en ce sens. Nous l’invitons donc à s’engager, de manière explicite, sur une modification du PLU pour protéger et sanctuariser davantage les espaces verts.
  • Au niveau à la création de nouveaux espaces végétalisés, la candidate a pris des engagements : construire un réseau connecté de 240 rues jardin, végétales et débitumées, planter plus d’arbres et créer des îlots de verdure notamment au sein des écoles, végétaliser les quais de Seine en remplaçant le bitume des quais par du gazon.

 

Rachida Dati et Anne Hidalgo ne se sont pas engagées fermement sur la préservation des espaces végétalisés existants

  • Les deux candidates n’ont pris aucun engagement précis sur la protection des zones non-artificialisées existantes sur Paris et l’opposition aux Grands Projets Inutiles. Rachida Dati s’est quelquefois prononcée contre des projets de bétonisation et pour la préservation des espaces verts (notamment dans le 12e arrondissement et dans le 18e où elle a signé la charte pour soutenir la création d’un vaste parc en lieu et place du projet actuel prévu sur la friche industrielle SNCF rue Ordener). Nous saluons ces prises de position mais nous l’invitons à prendre un engagement généralisé à l’échelle de Paris et à faire référence à une modification du PLU en ce sens. Anne Hidalgo, elle, n’a pas non plus pris d’engagement ferme quant à la préservation des espaces végétalisés existants et s’est même positionné en faveur de plusieurs projets d’artificialisation polémiques.
  • Concernant la création de nouveaux espaces végétalisés, Anne Hidalgo et Rachida Dati prévoient de nombreux aménagements, toutefois Rachida Dati ne s’est pas engagée clairement sur de la débitumisation :
  • Pour Anne Hidalgo (entre autres) : la plantation de 170 000 arbres (dont 100 000 sur le périphérique), la végétalisation en pleine terre  des cours d’école, l’installation de zones de rafraîchissement notamment par la débitumisation et l’aménagement de “forêts urbaines” (sur le parvis de l’Hôtel de Ville, à la gare de Lyon, derrière l’Opéra).

Pour Rachida Dati : la candidate s’est engagée à recenser tous les espaces susceptibles d’accueillir des projets de végétalisation pour développer des parcs, en priorité dans les quartiers qui sont particulièrement minéralisés, et à donner sa place à la nature dans les écoles avec des potagers et la plantation d’arbres fruitiers. Nous invitons toutefois Rachida Dati à préciser son engagement sur la débitumisation, dont elle ne fait pas mention.

Concernant les Bonus et Malus donnés à certain.e.s candidat.es

BONUS

David Belliard pour sa proposition de mettre en place des dispositifs pour vélos dans les transports en communs (tramway, bus) : “Ce tramway [projet d’une nouvelle ligne de tramway entre les grandes gares] proposera des places réservées aux vélos, comme nous demanderons à ce que tous les nouveaux bus en circulation disposent de dispositifs pour accrocher les vélos. L’objectif est de favoriser l’intermodalité (l’utilisation de plusieurs modes de transport au cours d’un même déplacement) pour que les usager·e·s puissent transiter sur de moyennes et longues distances avec leur vélo et ainsi optimiser leurs temps de déplacements.” (Programme de David Belliard, “Nos 18 propositions pour un Paris libéré de la voiture”)

Danielle Simonnet pour sa proposition de mettre en place des mesures d’accompagnement social avec la sortie du diesel en 2024 et de l’essence en 2030. (Programme de Décidons Paris)

Cédric Villani pour son engagement, lors du Grand Oral Vélo organisé le 29 janvier 2020 par Paris en Selle et MDB, à participer au cofinancement du Réseau Express Régional Vélo (RER V) à l’échelle métropolitaine, qu’on retrouve dans son programme : “Je serais donc prêt à investir dans les infrastructures avec les communes voisines de Paris, notamment pour créer un réseau de vélopolitain à l’échelle du Nouveau Paris”. (Programme de Cédric Villani, p.35).

 

MALUS

Rachida Dati dans une interview avec le journal Challenges a indiqué, en début janvier, qu’elle souhaitait revenir sur la piétonnisation des voies sur berges en envisageant d’étendre, en semaine, la liste des véhicules autorisés à y circuler dès lors qu’ils seraient propres et ne dépasseraient pas les 30km/h. La candidate a, depuis, atténué ses propos dans une interview plus récente avec le Parisien en expliquant, au sujet de la réouverture aux voitures des voies sur berge, que “Ce seront les Parisiens qui trancheront à l’issue de la concertation sur le schéma de mobilité”. Nous regrettons ce flou laissé par Rachida Dati à ce sujet, et nous appelons la candidate à s’engager fermement à ne pas proposer la réouverture des voies des berges aux voitures lors de cette concertation.

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